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N° 33 : Filles - garçons, égaux dans l'enseignement ?

À l'école, une fille = un garçon ?

Voici un numéro réalisé en collaboration avec la Direction de l'Égalité des Chances de la Communauté française. Celle-ci a soutenu, via un appel à projets, sept recherches et recherches-actions menées en Communauté française sur la thématique " Une fille = un garçon ? " qui avaient pour objectif d'identifier les inégalités de genres à l'école pour mieux les combattre.

Plutôt que de proposer de manière successive les comptes-rendus des sept études, la revue a opté pour la transversalité en cherchant à mettre en exergue les constats principaux des sept études et en faisant des recoupements utiles afin de relever ce qui fait consensus. Ce choix a permis de vraiment dégager les récurrences et donc de pouvoir montrer la pertinence des différentes pistes d'action proposées par les recherches.

Elles ont donc mis en avant qu'en apparence, l'école ne fait pas de différences entre filles et garçons. Or il apparaît une répartition inégale de ceux-ci entre formes d'enseignement, filières et options. Les filles réussissent mieux à l'école et connaissent moins le redoublement mais s'orientent plus vers des filières moins valorisées et ne " rentabilisent " pas leurs résultats.

Les stéréotypes sexués se construiraient-ils uniquement en dehors de l'école ? La réponse est nuancée. L'école en tant qu'institution sociale se trouve organisée par les mêmes principes structurants que les autres institutions que sont la famille ou le travail. Si l'école n'échappe pas aux stéréotypes, elle peut par contre participer à leur déconstruction.

Toutes une séries de constats apparaissent, auxquels il faut porter attention, comme :

Une fille est plus souvent interrogée pour rappeler les savoirs de la leçon précédente tandis que le garçon est plus sollicité au cours de la leçon lorsqu'il y a production de savoir. La fille est donc plus mise dans une position de reproduction tandis que le garçon est mis dans une position de production.

Les comportements d'agressivité sont jugés plus " naturels " quand ils viennent des garçons et jugés " inacceptables " quand ils viennent des filles.

" Les filles sont bonnes en lettres et les garçons en sciences ". La dernière enquête Pisa a pourtant montré clairement que les filles avaient des performances comparables à celles des garçons et qu'elles avaient des attitudes aussi positives que leurs condisciples à l'égard des sciences. Si l'on compare filles et garçons inscrits dans une option scientifique, les différences s'estompent immédiatement comme si l'appartenance à une section scientifique rendait confiance et intérêt aux filles.

Les jeunes eux-mêmes ont des comportements ou des réactions très stéréotypés :

S'ils se projettent quinze ans plus tard, les projets des garçons et des filles diffèrent très peu. Ils se voient tous avec un emploi mais il semble néanmoins que les garçons se projettent plus vers une carrière à temps plein et les filles vers un emploi à temps partiel et leur famille.

1/3 des garçons pensent que leur rémunération sera le principal apport financier du ménage contre 7% des filles. 1/4 des filles se voient dans un scénario où leur salaire ne constitue qu'un revenu complémentaire pour le ménage, alors qu'aucun garçon ne le pense.

La majorité des enseignants interrogés reconnaissent ne pas se rendre compte qu'ils ont des pratiques pédagogiques et méthodologiques sexistes. C'est pourquoi les démarches de recherches et les prospectives d'action restent utiles pour mieux saisir la problématique et proposer des pédagogies intégrant la dimension du genre.

Si le sujet vous intéresse, le numéro 33 complet en PDF en cliquant ici


Rédactrice du Faits&Gestes : Nadine Brauns


Références bibliographiques :

Au-delà du Faits&Gestes, vous pouvez vous tourner vers les recherches en allant sur le site de la Direction de l'Égalité des Chances : www.egalite.cfwb.be